Quand on a cinquante ans
Re-défilent les instants
Où des choix se sont faits
Qui ont fait ce qu’on est
Qu’aurait été sa vie
Si l’on n’avait suivi
Telle voie tel chemin
Et si main dans la main
L’on ne s’était uni
A tel clan, tels amis,
Et choisi telle moitié
Pour s’édifier entier
Pour avoir des enfants
Pour voguer sur les ans
Re-défilent les instants
Quand on a cinquante ans
Quand on a cinquante ans
Tinte l’heure des bilans
On se pose et l'on voit
Ce qu’on a fait de soi
Les promesses tenues
Les principes rompus
Les idéaux vaincus
Ou que l’on a vécus
A-t-on cassé les ailes
Est-on resté fidèle
A ce qu’adolescent
En lettres rouge-sang
L’on s’promettait de vivre
L’on s’promettait de suivre
Tinte l’heure des bilans
Quand on a cinquante ans
Comme j’ai pu, sans être un aigle,
J’ai accordé le geste au mot
Âgé déjà d’un demi-siècle
Sans chercher à être un héros
Quand on a cinquante ans
On a goûté souvent
Dans l’âme à l’amertume
D’êtres chers qu’on inhume
Des cercueils qu’on emporte
Tristement qu’on escorte
Les adieux à des proches
Que l’on couche sous la roche
Telles sont nos vies d’homme
Et les si chers fantômes
De ceux que l’on aima
Viennent faire leur cinéma
Le jour, gorgés de sève,
Et la nuit dans nos rêves
Bien plus forts que le temps
Quand on a cinquante ans
Quand on a cinquante ans
On redoute l’instant
Où les enfants, fini !
Vont s’envoler du nid
L’on sent que la vie change
Et l’on trouve bien étranges
Les crises d’adolescence
Et les nappes de silence
Mais l’on sait qu’il y a celle
Qui depuis l’étincelle
Qui depuis bien trente ans
Est devenue son sang
C’est toujours amoureux
Qu’on apprend comme antan
D’être à trois puis à deux
Quand on a cinquante ans
Mais aujourd'hui est jour de grand' joie :
Vous êtes tous là autour de moi,
Vous mes fantômes, vous mes amis,
Vous mes enfants, vous ma famille.
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